Michel Praet: Il y a beaucoup de manières de travailler pour l’Europe!

Age: 55
Nationalité: Belge
Famille: Marié depuis 29 ans et pèryoute d’un fils, David, qui a 28 ans et d’une fille, Julie de 26 ans.
Occupation: Conseiller du Président du Conseil européen, Herman Van Rompuy
Passe-temps: La spiritualité, la philosophie, la littérature, écouter Mozart, Bach Vivaldi et Marcello et, surtout, tout ce qui touche à Venise
Langues: français et néerlandais comme langues maternelles, l’anglais et un petit peu d’italien.
Plat préféré: Artichauts à la juive de chez “Piperno,” à Rome.

Une autre voix belge: David, le fils de Michel
Deutsche Zusammenfassung
English Summary

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Michel Praet – © Lisbon Council 2010

Vous travaillez au cœur de l’Union européenne à Bruxelles, mais plus encore vous êtes un Bruxellois, n’est-ce pas ?
Certainement. Cela fait 48 ans déjà que je vis à Bruxelles. Presque toute ma vie, en fait, mais mes 7 premières années je les ai passées à Lubumbashi et Kinshasa, dans l’ex Congo belge.

Vous avez toujours travaillé pour l’Europe ?
D’une certaine manière oui. J’ai commencé à travailler pour l’Europe il y a 28 ans, en tant que Conseiller du Vice-Premier ministre belge Willy De Clercq; puis j’ai été engagé par la société BULL dans des fonctions de “Business Development Manager”. Ensuite, j’ai conseillé le Vice-Premier ministre belge Guy Verhofstadt et j’ai rejoint l’administration de la Politique scientifique en Belgique en 1986. J’ai aussi travaillé dans le secteur privé comme Directeur adjoint de “Marketing and Sales” de la Division Espace Europe du groupe Alcatel. Dans toutes ces fonctions, j’ai « servi l’Europe » d’une façon ou d’une autre parce que j’ai toujours cherché à développer et faire avancer le projet européen.

Je souhaite que nous considérions tous un jour que l’Union européenne est notre maison commune.

Après toutes ces années au service de l’Europe, vous êtes devenu un européen de conviction !
Certainement, et j’aimerais souligner qu’il n’y a pas qu’une seule manière de travailler “pour” l’Europe. Tout le monde peut le faire là où il ou elle se trouve. Je ne me sens pas “plus” Européen aujourd’hui, travaillant au Cabinet du Président du Conseil européen, qu’hier, travaillant pour Alcatel où je développais une stratégie de marketing européen.

Avoir son bureau à côté du bureau du Président du Conseil européen, c’est quand même assez extraordinaire. A quoi ressemble votre journée au bureau ?
Je conseille le Président Van Rompuy, je lui prépare des notes et des discours et, pour ce faire, je consulte nos services et reçois des personnalités des institutions européennes, de l’industrie, de la recherche etc..

Ce doit être un travail très intéressant et varié ?
Absolument. Ce travail me donne des moments de grande fierté. Par exemple, entendre le Président prononcer un discours que je lui ai écrit est un grand moment de bonheur. Tout d’abord parce que j’ai quelque part réussi à convaincre le Président de passer le message que j’avais préparé, ensuite parce que quand je sens que ce message “passe” et qu’il est apprécié par le public concerné, je me dis que j’ai apporté ma pierre à l’édifice de la construction européenne et que j’ai, d’une certaine façon, aidé l’idée européenne à progresser.

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Michel Praet – © Lisbon Council 2009

Pour vous, quelle est le plus grand succès de ce que vous appelez “l’idée européenne” ?
Cela doit être l’idée, pour prendre un terme anglais, de « togetherness » , d’avancer ensemble, unis par et dans la diversité, portés par des valeurs comme, notamment, responsabilité et solidarité.

L’Europe est un processus politique. Quelles sont les défis majeurs à relever encore ?
En ce qui concerne le projet européen, je me demande parfois où il s’arrêtera géographiquement, et quelles seront in fine les attributions de ses diverses entités politiques: quelle place pour l’Union, pour les Etats et pour les régions? Même s’il n’est pas possible de répondre à ces questions aujourd’hui, je pense qu’il faut y réfléchir et développer une vision politique du futur de l’Europe.

Quel est votre vœu le plus cher pour l’Europe ?
Mon vœu le plus cher est que chaque citoyen européen puisse « prendre le chemin de l’Europe, » c’est-à-dire considérer qu’il est dans sa vie aussi un Européen et pas seulement Belge, Allemand, Britannique ou Polonais. Je souhaite que nous considérions tous un jour que l’Union européenne est notre maison commune. Et concrètement, j’aimerais qu’on arrête de raconter partout le mythe de “Bruxelles père fouettard”. Trop de fois, “Bruxelles” – c’est-à-dire les institutions européennes – est rendu responsable d’un malaise qui a très souvent ses racines dans la politique nationale. Les politiques et les médias nationaux devraient mieux communiquer sur les réalités et les avantages que présente l’Europe, et ne pas donner l’impression que Bruxelles n’est là que pour sanctionner les pays membres et leurs citoyens.

Quand est-ce que vous vous sentez 100% européen ?Est-ce que cela vous arrive de vous sentir, après toutes ces années au service de l’Europe, encore Belge ou même Bruxellois ?
Mais je suis tout ça à la fois ! Je suis Bruxellois, belge et européen. Je vous donne un exemple : en 2003, j’ai créé la première association belge au service de Venise. Avoir jeté un pont culturel entre Bruxelles, la Belgique et Venise, une ville du patrimoine européen, cela me rend fier et me rend conscient de mon identité belge, bruxelloise, et européenne. Je pense que je ne peux me sentir que pleinement européen grâce à ces identités multiples.

Tolérance, Fraternité et Amitié. L’Europe, c’est notre avenir. Ca ne tient qu’à nous!

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David Praet: Prêt pour le 21ième siècle, le siècle du “European Dream”!

Age: 28
Nationalité: Belge
Famille: Fils de Michel Praet et Luitgarde Knockaert, et frère de Julie.
Occupation: Attaché à la politique scientifique fédérale belge, délégué belge à l’ESA (Agence Spatiale Européenne)
Passe-temps: Musique (Sinatra, Simon & Garfunkel, Stevie Wonder, Pink Floyd, Depeche Mode, Jazz, Flamenco, Soul), Politique, Voyages, Relations internationales, Sport, Lecture, Culture & Art, Belmondo, …

David Praet dans le centre de commande de la ESA - Kourou

David Praet dans le centre de commande de la ESA – Kourou

Vous êtes non seulement lié à l’Union européenne par la profession de votre père, Michel Praet, mais vous aussi vous avez opté pour une vie au contact de l’Union?
Pendant mes études, j’ai pu découvrir les avantages qu’offrait l’Europe aux étudiants : j’ai pu profiter du programme Erasmus pour partir à Valencia, en Espagne, durant 6 mois. Cette expérience unique a grandement contribué à me faire prendre conscience de ce que l’Europe était bel et bien concrètement ancrée chez les jeunes. La volonté d’aller découvrir d’autres cultures – européennes ou non – est aujourd’hui une réalité. Par conséquent, l’Europe est maintenant fort présente dans ma vie quotidienne : je suis délégué belge à l’Agence Spatiale Européenne ou, chaque jour, je rencontre de nombreuses nationalités différentes.

Vous vivez, comme votre père, à Bruxelles, où se trouvent de nombreuses institutions européennes. Comment est-ce que votre entourage réagit vis-à-vis de l’Union ?
Je pense que les Belges n’ont pas d’autres préoccupations ou peurs que les autres peuples d’Europe. Une de leurs préoccupations est notamment l’impact ou l’influence du pouvoir européen sur leur vie quotidienne. Et donc la question de savoir quelle(s) limite(s) pour l’Europe, que ce soit en matière d’immigration, de politique économique, sociale, fiscale etc. Si je compare cela au débat public belge, on s’aperçoit qu’il est très difficile pour le citoyen de savoir quel pouvoir décisionnel influence le plus son quotidien : niveau local, régional, provincial, national ou européen ? Les différents niveaux de pouvoir sont tellement éparpillés et diffus, particulièrement en Belgique, qu’il n’est pas aisé de s’y retrouver, ce qui détériore la confiance en les pouvoirs publics. L’Europe a plusieurs visages, La Belgique aussi !

Selon-vous, que est-ce que l’Europe peut faire pour favoriser la clarté et pour créer la confiance?
Je crois qu’en ces temps de crise, les gens cherchent avant tout une Europe qui protège et qui rassure. La meilleure manière d’y parvenir est, selon moi, de délivrer un message dans lequel chaque citoyen puisse se retrouver.

Quel futur prédisez-vous à l’Europe ? Un grand futur ?
Absolument ! Mon plus grand rêve pour l’Europe est qu’elle puisse encore compter dans le 21è siècle, qu’elle puisse toujours faire partie des grandes nations de ce monde, et qu’elle puisse l’influencer économiquement et politiquement. C’est-à-dire rester un exemple, un modèle que d’autres suivent et dont ils s’inspirent. L’adhésion au projet commun « Europe » est cruciale. Je rêve d’une Europe humaine, diverse et économiquement forte afin que le 21ième siècle soit celui du « European Dream » – à l’instar de l’American Dream au 20ième.david praet 2

Vous partagez clairement la même passion pour l’Union européenne que votre père Michel Praet.
Mon père et moi, nous sommes non seulement liés par le sang, mais également fortement par l’esprit, et en particulier l’esprit européen. Nous confrontons fréquemment nos points de vue et, même si quelques divergences peuvent apparaître ça et là, nous partageons une vision commune la plupart du temps. Le message que j’aimerais qu’il délivre est un message d’amour, de paix et de solidarité entre les peuples. Le message d’une Europe unie, d’une Europe forte grâce à l’Union. Une Europe forte et courageuse, capable de donner sa chance à chacun. Que chacun puisse se sentir avec l’Europe. L’Europe comme un ami, comme une famille. Cette famille qui protège et qui rassure. Cette famille aussi qui nous encourage à être meilleurs chaque jour, grâce à elle, pour elle, avec elle.

Paix et Solidarité. L’Europe c’est notre avenir. Cela ne tient qu’à nous!

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Michel Praet: Es gibt viele Möglichkeiten für Europa zu arbeiten!

„Ich bin Brüsseler, Belgier und Europäer!“

Der Belgier Michel Praet, der seine Kindheit in Lubumbashi und Kinshasa verbrachte, ist mit Herz und Seele Brüsseler. Er blickt auf eine abwechslungsreiche Karriere, während der er immer in der einen oder anderen Weise für Europa arbeitete. Heute ist er Berater des Präsidenten des Europäischen Rates, Herman Van Rompuy, für den er auch Briefings und Reden vorbereitet.
Für ihn ist der Gemeinschaftsgedanke die größte Errungenschaft Europas, nämlich das europäische Projekt gemeinsam in Vielfalt verfolgen.
Sein Traum von Europa ist, dass sich die Menschen mit Europa identifizieren und dass PolitikerInnen die Verantwortung für ihre eigenen Entscheidungen übernehmen als sie auf „Brüssel“ abzuschieben.
Der Vater zweier erwachsenen Kinder ist seit 29 Jahren glücklich verheiratet und widmet sich in seiner Freizeit der Philosophie, Literatur und Musik. Michel Praet fühlt sich gleichermaßen als Brüsseler, Belgier und Europäer.

Toleranz, Gemeinschaft, Freundschaft: Europa ist unsere Zukunft. Es liegt an uns allen!

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Michel Praet: There are many ways to work for Europe!

“My greatest hope is that every European citizen may ‘follow the road to Europe’, in other words think of themselves also as a European”

Michel Praet, a 55-year-old Belgian father of two, is a political advisor to Herman Van Rompuy, President of the European Council. His work involves preparing briefings and speeches for Van Rompuy, a job that he enjoys greatly. This, he says, is his own contribution to building the European project.
Despite spending his early years in the former Belgian Congo, he has spent almost all of his life living and working in Brussels. He has worked in both the public and private sectors, and is no stranger to Belgian and European politics, having worked for both Willy de Clerq and Guy Verhofstadt, before joining Van Rompuy’s office. He believes that anyone can ‘work’ for Europe, no matter what their job!
For Michel, Europe’s greatest achievement is what he calls “togetherness” – the decision of Europe’s constituent members to work together towards a common goal and based on shared values such as responsibility and solidarity. Yet he questions whether there will come a time when the European project will have to take a close look at itself, and where the balance of competences should lie between the union, its members and their regions.
A spiritual man at heart, Michel is also a great lover of classical music and has a particularly fond spot for the Italian city of Venice.

Tolerance, Fraternity, Friendship. Europe is our future. It’s up to all of us!


 

Hearts and Minds for the EU – a project in collaboration withBST_Logo

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