Nicolas Schmit: Pour moi l’Europe doit être une Europe sociale!

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Age: 62
Nationalité: Luxembourgeois
Occupation: Ministre du travail, de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire du Luxembourg

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Deutsche Zusammenfassung

main1D’où venez-vous ?

Je viens d’une petite ville du Luxembourg qui a été une ville sidérurgique et je suis issu d’un milieu ouvrier.

Que signifie l’Europe pour les Luxembourgeois ?

Je pense que les citoyens luxembourgeois comprennent les enjeux de l’Europe. Une Europe qui commencerait à battre de l’aile ne serait pas bonne pour le Luxembourg. La plus belle réussite de l’Europe c’est d’avoir unifié un continent déchiré à plusieurs reprises et cela dans la paix et dans la liberté, ce que finalement personne n’aurait pensé, ni dans les années 50 ni à la fin des années 80… au début des années 90.

Mais il y a beaucoup de personnes qui ont une mauvaise image de l’Union européenne.

Certains font circuler des mythes négatifs sur l’Europe. L’Europe, c’est une œuvre humaine, donc par définition imparfaite. Ce n’est pas un état définitif, c’est un processus qu’il faut réinventer, créer, tous les jours. Il ne faut pas se laisser au piège de ce mythe que les adversaires, que les ennemis de l’Europe, aiment véhiculer. Moi je crois que, certes, on peut améliorer les choses — il faut les améliorer — mais globalement, l’Europe nous a fait beaucoup progresser        dans beaucoup de domaines.

Mon grand-père a été tué le 10 mai 1940, et cette guerre a été tellement présente dans ma famille, dans ma maison, que j’ai pris en horreur cette idée de guerre. Et je crois qu’avoir pris en horreur cette idée de guerre, c’est finalement construire quelque chose qui exclue la guerre, c’est-à-dire l’Europe.

D’où vient votre conviction européenne ?

Ma conviction Européenne a deux sources: La première c’est une source, je dirais, intellectuelle parce que je me suis toujours occupé, même en tant qu’étudiant, de questions internationales, et donc je crois que, en plus en tant que Luxembourgeois, nous sommes un peu naturellement européens. Et ma deuxième source, c’est le père de mon père, c’est-à-dire mon grand-père a été tué le 10 mai 1940, et cette guerre a été tellement présente dans ma famille, dans ma maison, que j’ai pris en horreur cette idée de guerre. Et je crois qu’avoir pris en horreur cette idée de guerre, c’est finalement construire quelque chose qui exclue la guerre, c’est-à-dire l’Europe.

Quel est, selon vous, le principal défi de l’Europe aujourd’hui ? 53_vignoble_RK-xhdpi

Il faut que nous renouons avec les citoyens Pour faire ceci nous devons résoudre deux grands problèmes. Le premier, c’est de montrer que l’Europe prend très au sérieux la vie quotidienne des citoyens, l’emploi des citoyens, l’avenir des enfants, la sécurité des citoyens européens, et nous devons désidéologiser l’Europe. Ce n’est pas la domination du marché dans toutes les sphères de la vie qui doit être l’essence de l’Europe. C’est précisément une politique qui va droit vers les préoccupations des citoyens.

Y a-t-il un souvenir particulièrement marquant que vous avez gardez du projet européen après y avoir travaillé si longtemps ?

J’étais lors du conseil Européen de Maastricht — j’étais à Maastricht, dans les coulisses — et j’avais participé aussi dans le cadre de la présidence luxembourgeoise, a la négociation de Maastricht, et j’avais du préparé un petit…une petite intervention au premier ministre d’alors, qui était Jacques Santer, sur l’Europe sociale — voyez toujours l’Europe sociale, c’était déjà à l’époque mon domaine. Et Monsieur Santer a présenté cette intervention, et il s’est fait féliciter par François Mitterrand. Et pour moi, c’était un petit moment de bonheur parce que j’étais très admiratif de François Mitterrand, et que donc, à travers Jacques Santer, il m’avait félicité. Et tout le monde d’ailleurs qui le savait a rigolé parce que tout le monde savait que j’étais un grand admirateur de François Mitterrand.

Solidarité, Paix, Démocratie: l’Europe est notre avenir. Cela ne tient qu’à nous!

 

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Age: 62
Nationality: Luxembourger
Occupation: Minister for Labour, Employment, and the Social and Solidarity Economy

servaluxNicolas Schmit: For me it has always been about a Social Europe!

Where do you come from?

I come from a small, steel-producing city in Luxembourg and from a working-class background.

What does Europe mean for a Luxembourger?

I believe that the citizens of Luxembourg understand the issues at stake in Europe. A broken Europe would be bad for Luxembourg. Europe’s greatest accomplishment is to have unified a continent torn on many occasions, both in peace and in freedom, which is something no one would have considered, not in the 50s, not in the late 80s or early 90s.

My grand-father was killed in WWII on 10 May 1940. That war was so evident in my family, in my house, that I have come to loathe the idea of war. I think that having come to loathe this idea of war ultimately means to build something that excludes war, and that’s the European Union.

But many people have a bad image of the European Union.

There are negative myths about Europe that are passed around by some people. Europe is a human invention, meaning imperfect by definition. It is not a definite state but a process which needs to be reinvented, created, every day. We cannot let ourselves become trapped by these negative myths which adversaries—Europe’s enemies—like to convey. Personally, I think that, indeed, there are things on which we can improve—things on which we must improve—but, overall, Europe has enabled us to make progress in many fields.

Where does your European conviction come from?

There are two reasons for my European conviction. The first reason is an intellectual one because I have always taken an interest, even as a student, in international matters, and so I think that, as a national of Luxembourg, we are a bit European by nature. And the second reason is my father’s father. My grand-father was killed in WWII on 10 May 1940. That war was so evident in my family, in my house, that I have come to loathe the idea of war. I think that having come to loathe this idea of war ultimately means to build

something that excludes war, and that’s the European Union.

Where do you see the biggest challenge of Europe today?

We have to reconnect with the citizens again. I believe that we have to solve two big problems: the first one is to show that Europe takes the daily life of citizens, their job, the future of their children, and the security of European citizens very seriously. And we must remove ideology from Europe. The domination of the market in all spheres of life should not be what drives Europe. This is precisely the type of politics that causes citizens to worry.

Working so long for the European project, do you have a special moment you always will remember?

I was at the European Council in Maastricht which created the Euro and the European Political Union. I was in Maastricht, behind the scenes, and I had participated within the framework of the Luxembourg presidency in the negotiation of the Maastricht Treaty. I had to prepare a little speech for the first minister of Luxembourg at that time, Jacques Santer, on Social Europe—you see, for me it has always been about Social Europe. This is, if you want, my personal roadmap for Europe. When Santer had presented this speech, and was congratulated by François Mitterrand I also felt a little surge of happiness because I admired François Mitterrand a lot, and because, through Jacques Santer, he had congratulated me. Actually, everyone who knew had laughed because they all knew that I was a big admirer of François Mitterrand.

Solidarity, Peace, Democracy: Europe is our future. It is up to all of us!

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Alter: 62
Nationalität: Luxemburg
Beruf: Minister für Arbeit und Beschäftigung sowie Sozial- und Solidarwirtschaft

Nicolas Schmit: Europa ist für mich immer auch ein soziales Projekt!

Mein Großvater starb im Zweiten Weltkrieg. Für meine Familie war es immer klar, dass wir etwas wie die Europäische Union bauen müssen, wenn wir Krieg in Europa auf Dauer verhindern wollen.
Nicolas Schmit ist Minister für Arbeit, Beschäftigung sowie Sozial- und Solidarwirtschaft in Luxemburg.
Luxemburg hatte in den letzten 6 Monaten die Präsidentschaft im Ministerrat der Europäischen Union inne. Als Luxemburger ist ihm Europa besonders wichtig. LuxemburgerInnen, die im Herzen Europas zwischen Deutschland und Frankreich leben, würden besonders gut verstehen, worauf es bei Europa ankommt. Europa sei kein fertiges Produkt, sondern müsse sich immer wieder neu erfinden und bewähren, jeden Tag aufs Neue.

Für den Minister ist dabei klar, dass die Europäische Union in vielen Bereichen besser werden muss, insbesondere dürfe Europa nicht nur ein gemeinsamer Markt sein, sondern müsss auch soziale Verantwortung übernehmen. Aber Minister Schmit betont auch, dass Europa bereits große Erfolge erzielt habe, die nicht kleingeredet werden dürfen. Dazu zählt er u.a. die Friedenssicherung über viele Jahrzehnte, die Abschaffung der Grenzen zwischen den 28 EU Staaten und die Festlegung von gemeinsamen Werten in den Europäischen Verträgen.

Solidarität, Frieden, Demokratie: Europa ist unsere Zukunft. Es liegt an uns allen!

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